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Edouard Ferlet / Jean-Philippe Viret - Les esthètes.

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Certains musiciens, au gré de leurs carrières et de leurs enregistrements s'associent naturellement. Le pianiste Edouard Ferlet et le contrebassiste Jean-Philippe Viret, ont ainsi en commun, au-delà de plusieurs disques lumineux, une vision de la musique tournée vers les mêmes repères. Le goût des belles mélodies tout d'abord, et des thèmes que l'on peut retenir, mais celui d'une certaine distinction, d'une tenue ; ces deux musiciens possèdent une élégance naturelle. Ils ont joué dans les formations les plus classiques sans jamais être classieux ou ringards, leurs musique est moderne, mais n'est jamais tombée dans les affres de l'avant-garde.

Par un heureux hasard, et maintenant qu'ils n'évoluent plus côte à côte, leurs derniers enregistrements se révèlent incroyablement complémentaires. Tous deux se sont tournés vers la musique classique pour enrichir leur travail, mais alors qu' Edouard Ferlet, adorateur du grand Jean-Sebastien Bach propulse la musique de ce dernier dans le vingt-et-unième slècle, Viret, se mue en leader d'un quatuor à cordes pour dissoudre ses compositions dans l'art de François Couperin. Quand le premier, tout en basses étouffées évoque des formations modernes comme Plaistow ou le Nik Bartsch Ronin au détour d'une relecture de l'oeuvre du Kappellmeister, le second, tout au coeur de la musique de cour découpe des mélodies minimales et lumineuses en pizzicato qui auraient pu sortir du cerveau d'Ennio Morricone. Ferlet en impose par son intelligence musicale, sa clairvoyance, sa capacité à projeter au milieu de ses compositions un air intemporel de Bach pour encore plus souligner sa perfection, Viret émeut par son économie de moyen, par sa recherche de l'émotion pure, charnelle, instinctive grâce à cette formation tout en cordes.Tous deux jouent bien plus que du jazz, bien plus que du classique, et méritaient ce petit hommage croisé.

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