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Christian Death - Sex and Drugs & Jesus-Christ - Le "hit" perdu de la censure.

Publié le par Disch

Christian Death - Sex and Drugs & Jesus-Christ - Le "hit" perdu de la censure.

A défaut d'entrer dans l'histoire de la musique par l'étroite porte du talent, beaucoup ont su consciemment ou non profiter de la grande caisse de résonance médiatique pour écrire un petit bout de leur légende sans jouer une note. Ainsi l'inénarrable censure, loin d'écarter les œuvres soit disant licencieuses, les montre du doigt et les glorifie souvent a posteriori. La chanson insignifiante devient un hymne révolutionnaire et une photographie frontalement provocante se transforme en revendication artistique.

Et si certaines de ces pochettes sont rentrées dans l'histoire, surtout à cause de de leurs illustres auteurs (Les Beatles en bouchers charcutiers de nourrissons, ou Scorpions et Blind Faith, fanatiques de beauté pré-pubères) d'autres ont sombré corps et biens dans l'impitoyable oubli de masse.

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Ainsi Christian Death, formation de gothic-rock américaine des années 80 a affiché sans équivoque dans son album Sex and Drugs and Jesus-Christ en 1988 une vision très personnelle du Messie. En parfait accord avec le titre déjà limpide, la pochette met en avant un Jésus décharné accro à l’héroïne tout à fait raccord avec l'ambiance sonore de cabaret déglingué du disque. Objectivement plutôt réussie bien que très grossièrement provocante, la photographie se verra sans surprise mise à l'index. Mais si certains groupes (dont les trois cités ci-dessus) pouvaient se permettre de fournir une nouvelle pochette plus conventionnelle (et ainsi d'assurer un avenir collector au fruit défendu), Christian Death n'avait a priori pas prévu de budget rapatriement pour ses beaux vinyles. Adieu, veaux, vaches, cochons, nouveaux tirages et pochette collector, le fruit du litige allait être caché derrière un grossier autocollant, lesquels pullulaient à l'époque pour la plus grande horreur des mélomanes un tant soit peu esthètes. On retiendra les formidables "Best-of" et "Nice Price" capables d'enlaidir les plus audacieuses pochettes, mais surtout à l'époque glorieuse de la FM, les stickers permettaient surtout de signaler au badaud la présence d'une chanson à moitié connue dans le 33 tours.

Voilà donc comment l'album de la provoc' se retrouva affublé d'un très seyant autocollant à la gloire de son glorieux contenu musical. Seul manquait alors un véritable morceau connu pour que l'opération soit réussie... Car le succès confidentiel de Christian Death ne leur permettait probablement pas à l'époque d'attirer le chaland avec un tube planétaire. Qu'à cela ne tienne, un vague "Contains the Hit!" fera l'affaire. Judicieusement flanquée sur la seringue maléfique, l'horrible artifice cache l'objet du délit. Reste à savoir quel était le succès fantôme qu'il vantait si ostensiblement. Rétrospectivement, le déjanté "Jesus Where's the Sugar", dont la finesse de l'offense anti-cléricale est à la hauteur du reste de l'album aurait un très bon ambassadeur. Théâtral, excessif, un rien glauque,et magnifié par la performance de la chanteuse Gitane Demone (!!) il était à la hauteur d'un disque homogène, direct et qui mériterait probablement d'être revu de façon plus musicale que dans cet article qui l'aborde délibérément par le petit bout de la vignette.

Christian Death - Sex and Drugs & Jesus-Christ - Le "hit" perdu de la censure.
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