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Hommage de ceux qui ne t'auront pas connu

Publié le par disch

Hommage de ceux qui ne t'auront pas connu

Alors tu es parti, les poumons trop fatigués, tout en douceur sans doute comme on aime à t'imaginer. Ta voix s'était déjà fait la belle et tu l'a suivi naturellement: à quoi bon vivoter quand on à tant vécu ?

Quand on n'est pas grec comme Nikos, qu'on n'a pas eu l'insigne honneur de s'être retrouvé un beau jour enfermé dans les toilettes de ta garçonnière de l'Ile Saint-Louis comme François Morel et qu'on ne t'a jamais vu en concert, il reste peu de sujets à évoquer quand vient l'heure de l'oraison. Et pourtant, plus qu'un chanteur ou un poète, c'est une certaine idée de l'artiste qui s'éteint avec toi.

Amoureux de la musique, amoureux des femmes, amoureux de la liberté tu as réussi à toutes les chérir sans jamais te lasser ; Quand tant d'hommes laissent leurs idéaux à la remise quand vient l'heure de la soit-disant sagesse, ton éternelle jeunesse nous donnait des complexes. Evidemment il reste les chansons, évidentes, tellement limpide qu'elles semblent avoir été écrites en une journée au creux de ton hamac...

Tous les vrais solitaires se sont reconnus dans "La Solitude", dans cette douce habitude qui recèle tant de trésors; toutes les mères ont pleuré en cachette les vingt ans de leurs filles et leur indécente insouciante; tous les hommes ont fondu de tendresse, à défaut d'amour, devant leur compagne qui ne peut plus lutter contre les années.

Mais au-delà du chantre magnifique, il reste surtout cette image de l'homme intègre, honnête, aimant. Tu as probablement séduit des centaines de femmes et tu n'en disais rien... Tu parlais de combat et d'engagement dans tes chansons, mais ta révolution permanente ressemblait sans doute plus à l'obsession de ne jamais laisser la médiocrité dicter ta vie et tes choix qu'à une lutte organisée contre l'oppression. Tu resteras pour toujours ce Patachon magnifique, celui qui aura eu le courage de vivre comme tant d'autres n'auront même le courage de rêver, sans honte et sans orgueil. Avec ta barbe, ta moto, ta guitare, on s'imaginait tous partir sur ton porte-bagage. Alors que tu rejoins tous ceux qui auraient été dignes de tresser tes lauriers posthumes, tu nous laisse avec notre peine et un immense regret. Celui de n'avoir jamais pu te tutoyer, pour de vrai.

Ce billet est dédié à ma petite femme, la plus grande fan du grand Georges qui l'aura tant pleuré et qui continuera longtemps à l'écouter.

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