Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #1960's tag

Bossa Nova, Sixties et Sexisme ordinaire

Publié le par disch

Bossa Nova, Sixties et Sexisme ordinaire

La bossa nova vient du Brésil, toute en syncope et harmonies douces, et semble naturellement évoquer la gent féminine. L'imaginaire autour de Copacabana, sa plage et les fessiers impeccables qui y pullulent colle tant à ces airs qu'il est difficile de ne pas associer instinctivement le rythme caractéristique de cette danse à la marche élégante des belles de bord de mer. Les mâles quarantenaires gardent de plus un souvenir ému de la campagne publicitaire Schweppes qui à la fin des années 80 utilisait le talent de Chico Buarque pour graver dans le marbre ces stéréotypes pour le moins marqués.

Cependant, bien avant cet avènement « Soleil, nanas et bord de plage », la bossa nova qui débarque en France dans les années 60 est déjà marquée du sceau de la féminité, et ce sont essentiellement des chanteuses qui porteront son message à l'époque, avec notamment Christiane Legrand, sœur de Michel qui sortira un disque sublime de reprises de grand thèmes brésiliens (Le Bresil de Christiane Legrand – 1972) aujourd'hui très recherché par les amateurs.

C'est aussi pour ces sonorités délicieusement datées et souvent orchestrées avec soin que j'achète toujours avec plaisir ces disques quand j'ai la chance de les trouver à bas prix. Mais en écoutant plus attentivement ces chansons, il s'avère que la vision de la femme d'il y a cinquante ans prête à la réflexion, car derrière la voix et les intonations de jeune fille en fleur, se trouve (ou se trouvait si on veut rester un peu optimiste) une vision profondément machiste de la société. Voici donc une petite sélection de la domination masculine d'alors, qui permettra aussi d'apprécier la qualité musicale de ces petits morceaux

 

1. Maria Monclar - « La femme que je suis »

Décidément, il ne manquait qu'un homme à cette femme moderne et enjouée qui « ne veut pas aimer comme une minette » en quête d'épanouissement. Mais heureusement, elle connaissait le mode d'emploi de la gent masculine :

« Quand on le rend heureux, un homme est un petit Dieu et chaque jour on l'apprécie mieux »

Allez bobonne, à la soupe, et n'oublie pas d'écarter les cuisses le soir venu.

 

2. Gina Gardel - « L'amour est un rêve »

La femme délaissée rêve de trouver l'amour et le prince charmant. Évidemment cette quête est difficile et le chevalier se doit d'être exceptionnel. Il est aussi exceptionnellement intelligent puisqu'il lit dans les esprits féminins.

« Toi tu m'as compris, ce non voulait dire oui, depuis ce jour je suis ravie.»

Si c'est une femme qui le dit, pourquoi ne pas la croire ?

Virginia Vee - « Tu vois, je suis là »

Les Spice Girls, Beyonce et Le girl-power n'étaient décidément pas encore à l'ordre du jour.

La femme blessée (et probablement cocue si on veut extrapoler un peu) revient servir le grand héros qui ne pouvait vivre sans elle (et ses talents de cuisinière sans aucun doute).

 

« Tu vois, je suis revenue là, près de toi comme avant ce soir là où tu m'a tant blessée, où tu m'a repoussée sur le bord de ton chemin »

Bonus-track

Brigitte Bardot "C'est une Bossa nova »

« C'était la fin de la nuit, j'avais bu quelques whisky alors tu m'a emmené chez toi »

Yolo, qui dit alcool dit consentement, surtout sur un air de bossa, et d'ailleurs la jeune femme n'a pas l'air gênée par la situation.

 

Au moins, on ne pourra pas dire que les paroles des chansons populaires ne sont jamais dignes d'intérêt.

Voir les commentaires

Monchito "Las Secretarias" Mad Women from the 1960's

Publié le par disch

Monchito "Las Secretarias" Mad Women from the 1960's

Véritable phénomène télévisuel de ces dernières années, la série Mad Men a mis en lumière toute une époque et ses us et coutumes si éloignés de notre quotidien aseptisé que l'on a parfois du mal à croire que des personnes ayant vécu cela soient encore de ce monde. Machisme, société de consommation en pleine essor, alcool et cigarette à gogo, le tout avec la discrimination raciale en filigrane font tout le sel de cette épopée d'un aréopage de publicitaires new-yorkais.

La musique tient également un vrai rôle. On y croise les Rolling Stones prêts à retourner la puritaine Amérique, mais aussi les airs plus populaires qui nous rappellent que tout le monde n'avançait pas au même rythme vers la furie et le nouveau son des chevelus énervés. Cha-cha-cha, merengue, rumba et mambo amusaient encore la jeunesse et les orchestres de musique "typique" comme on aimait à les qualifier étaient légion, et se retrouvent parfois pour faire gouter l'ambiance de l'époque. Tout un monde à mettre en place à décrire, à faire évoluer lentement.

Tout un univers résumé en une pochette de 45t et son hymne homonyme "Las Secretarias" de Monchito. Le téléphone, l'imprimé pied de poule, le bureau moderne, la secrétaire mi dévouée mi effrontée, la nouvelle technologie, et l'inévitable clope agglutinés sur à peine quinze centimètres sur quinze, le tout tient rétrospectivement du miracle. Ajoutez la musique aussi enjouée que futile et tous les déhanchements et frottements furtifs qu'elle suggère, et on aura presque un épisode inédit complet qui se mettra en branle tout seul. Un véritable témoignage historique que ce petit disque sans prétention.

Monchito "Las Secretarias" Mad Women from the 1960'sMonchito "Las Secretarias" Mad Women from the 1960's

Alors évidemment, Monchito et son orchestre ne concurrenceront jamais l'incendiaire Zou Bisou Bisou qui inaugure la saison cinq, mais la petite rengaine latino des secrétaires ne déparerait pas dans l'ensemble....

Voir les commentaires