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Mary Watkins "Something Moving" 1978 (Olivia Records)

Publié le par disch

Mary Watkins "Something Moving" 1978 (Olivia Records)

En ces jours où la question du mariage dit « pour tous » déchaîne les passions, cet album de 1978 nous rappelle l'ancienneté des revendications homosexuelles. Car derrière les apparences d'un album soul plutôt classique (quoique), s'exprimaient les vélléités féministes les plus pures pour ne pas dire les plus radicales. Olivia Records, un label de disques fait par des femmes et pour les femmes est en effet un exemple frappant de ce combat. A tel point que l'on peut légitimement se demander si, en tant que mâle, on est réellement autorisé à écouter ce disque... Musique, technique, tout ici se réalisait sous le signe du XX. Olivia / Utopia, en tout état de cause, ces femmes ont poursuivi un idéal et l'honnêteté de la marche reste louable, même si l'on en vient à confondre la lutte féministe avec leur engagement lesbien.

Mary Watkins "Something Moving" 1978 (Olivia Records)
Mary Watkins "Something Moving" 1978 (Olivia Records)
Mary Watkins "Something Moving" 1978 (Olivia Records)

Rétrospectivement, on peut rapprocher cette vision autarcique du féminisme avec celle certaines homosexuelles qui voient dans les hommes un simple moyen d'avoir des enfants femmes "qui ne leur ressemblent pas" et qui attendent le grand jour où la science leur permettra de se reproduire (et il faut avouer que celà risque d'arriver plus tôt pour les femmes que pour les hommes) sans eux. "Vers l'infini et au-delà en quelque sorte", ces femmes oblitérent les mâles de leur existence et montrent surtout qu'au moins en terme de musique, elle n'ont rien à leur envier. Car derrière la pochette terriblement asexuée (j'ai honnêtement douté un instant que c'était bien Mary Watkins qui était photographiée), derrière les petits messages sympathiques ("Gay Alert" et "Women invented Cheese") disséminés ça et là, il reste un album plutôt réussi et atypique où de longs morceaux instrumentaux se révèlent vraiment accrocheurs.

Le premier extrait à être sorti un peu de l'oubli est "A Chording to the People", qui avec sa petite intro discrètement funky, sa ligne de basse érotique et le petit solo de clavier qui va bien après a réussi à se faire sampler par Nujabes, DJ et producteur japonais disparu en 2010.

Mary Watkins "Something Moving" 1978 (Olivia Records)Mary Watkins "Something Moving" 1978 (Olivia Records)Mary Watkins "Something Moving" 1978 (Olivia Records)

Mais plus encore, c'est l'étrange "Wiches' Revenge" qui a retenu mon attention. Au-delà un titre évocateur (La revanche des sorcières), on y retrouve surtout un côté agressif, audacieux qu'on pourrait presque qualifier de progressif si le terme n'était pas devenu un synonyme de piètre qualité depuis quelques années.

Si le label Olivia périclita musicalement, ses membres fondèrent néanmoins la première compagnie maritime lesbienne dans la foulée, avec une belle détermination. Pour les personnes comme moi étrangère et peu au fait de ce courant de pensées, il restera essentiellement la découverte de tout un pan de la société rarement à cours de Passionarias.

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