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Articles avec #disque d'aujourd'hui tag

Nathalie Natiembé "Bonbon Zetwal" Rock en Réunion.

Publié le par disch

Nathalie Natiembé "Bonbon Zetwal" Rock en Réunion.

Elle a déjà tapé la cinquantaine, s'amuse de sa coupe afro approximative et chante toujours comme si elle venait de découvrir son talent: Nathalie Natiembé reste un animal musical hors-norme mais surtout l'une des plus grandes chanteuses de notre époque.

Chanteuse française, mais pas francophone, c'est en créole réunionnais que cette mère de famille nombreuse, adepte des déambulations nocturnes et des cuites à domicile selon ses propres aveux, s'exprime. Tous ses excès, toutes ses dérives se muent en chanson et chacune de ces chansons s'affranchit de la précédente.

On l'avait déjà brièvement aperçue en 2005 quand Sanker, son deuxième album, le plus authentique avait séduit les adeptes de la fort mal nommée world-music. Depuis, elle s'est émancipée de de ses racines et de ce microcosme auquel elle semblait destinée à se cantonner. Un disque de toute beauté (Karma) au côté de deux autres musiciens nés Vincent Ségal et Cyril Atef annonçait déjà la couleur, avec Bonbon Zetwal, Nathalie Natiembé enfonce le clou: du maloya originel, il ne subsiste que les entrailles, ce cri pur et désabusé, cette âme créole avec laquelle elle compose. Elle s'éprend d'un Fender Rhodes tenu par Yann Costa, aux sonorités saturées et poisseuses qui rappelle tout autant les vibraphones déglingués de Kouyate et Neerman que le rock psychédélique aventureux le plus entêtant. Douée d'un sens du rythme inné, elle sublime l'ensemble avec son quotidiens, ses peurs, voire ses psychoses.

Presque dérangeante par sa dégaine, son look de ménagère désœuvrée bariolé, tellement éloignée du petit monde musical policé d'aujourd'hui, Nathalie Natiembé, ivre de vie ne s'embarrasse d'aucune convention. Elle tisse au fil des ans une œuvre singulière, portée par un instinct musical hors du commun.

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Michel Legrand & Nathalie Dessay "Entre elle et lui"

Publié le par disch

Michel Legrand & Nathalie Dessay "Entre elle et lui"

Le voilà, bien annoncé, bien vendu: le disque à offrir aux ainés pour les fêtes de fin d'année. Mi jazz, mi classique, avec des morceaux que tout le monde connait à l'intérieur, et surtout l'association de deux personnalités intouchables par leur talent: la recette du succès sur commande semble aussi prometteuse que celle du cake d'amour de Peau d’Âne.

Pourtant, les mélodies ciselées et oscarisées de Michel Legrand n'étaient sans doute pas destinées à s'acoquiner avec la voix cristalline de Nathalie Dessay qui doit s'approprier ces airs composés en étroite symbiose avec d'autres. Et si le résultat s'avère convaincant quand il s'agit de mettre en valeur la prose sophistiquée de Jacques Demy, il en va tout autrement au moment d'enfiler le rôle de bête musicale instinctive de Claude Nougaro. Si la relecture "côté femme" du Cinéma tient déjà difficilement la route, la chanteuse toute en strass et paillettes s'étouffe dans les poils du costume de macho en reprenant Le rouge et le Noir qui avec ses bouges, ses néons rouges et ses grands noirs s'avère définitivement trop masculin pour elle.

De ces compositions, on retiendra surtout les moins entendues comme La Chanson de Delphine, La Fée des Lilas, L'âme soeur à l'hameçon qui réussit enfin à faire un peu swinguer les musiciens et le tendre Duo de Guy et Genevieve où on recherche malgré tout en vain la fragilité de l'original derrière la performance de Panzer vocaliste de Nathalie Dessay. Les airs les plus connus, véritables carottes destinées à attirer le porte-monnaie bourgeois restent fidèles à eux mêmes: Les Moulins de mon coeur un peu défraichis par la voix hésitante et aznavourienne du pianiste, une Valse des Lilas avec sa dose de pathos réglementaire et un Duo des Jumelles dynamité par Nathalie Dessay et Patricia Petibon en hystériques associées. Il reste pour rallier les suffrages des sceptiques l'enjoué recette du proverbial cake d'amour, tout en humour et en joie, il prouve à lui seul le caractère intemporel du talent de mélodiste de Michel Legrand, par ailleurs toujours très vivace de ses dix doigts.

Efficace et ayant déjà réussit à toucher son cœur de cible en se vendant d'emblée honorablement, Entre Elle et Lui navigue entre le très plaisant et l'indigeste. Les ficelles du succès qui restent d'un diamètre honorable ne devraient pas empêcher les moins inspirés d'entre nous de l'offrir à leurs parents, il y a bien pire en ce moment.

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