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Un été en musique (1) Easy-Listening: Michel Magne "les plus célèbres mélodies du Brésil"

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Un été en musique (1)  Easy-Listening: Michel Magne "les plus célèbres mélodies du Brésil"
Un été en musique (1)  Easy-Listening: Michel Magne "les plus célèbres mélodies du Brésil"

Easy Listening, un nom qui sonne comme un aveu de faiblesse au premier abord dans un milieu où l'on aime l'audace, la technique, l'émotion, et où les artistes aspirent a priori à plus que d'être diffuser dans les ascenseurs, aussi douillets soient-ils. Certains chefs d'orchestre comme Paul Mauriat, Klaus Wunderlich ou James Last ont déroulé des milliers d'heures de mélasse plus ou moins digestes, reprenant tous les airs en vogue du moment, profitant des compositions des autres pour en faire une source de revenus confortable.

Mais tout se transforme entre de bonnes mains et de bonnes oreilles :il suffit d'éclairer l'objet malaimé sous son meilleur jour. Si les insipides bettes et navets peuvent réveiller l'âme des gastronomes à condition d'utiliser quelques termes magiques (légumes oubliés, locavore, légume de saison et retour au gout brut), la musique la moins audacieuse, presque moquée peut elle aussi prétendre au respect, à condition, là aussi d'avoir de vrais arguments ( discrétement signalés ci-après par une ou des astérisques) à mettre en avant à l'auditeur curieux pour faire d'une musique d'ambiance, un véritable objet sonore à écouter et apprécier.

Ainsi, Michel Magne, le gourou du mythique chateau d'Herouville (*) compositeur de film culte notamment aux côtés de Jean Yanne (**) qui en s'attaquant aux sonorités raffinées du Brésil (**) avec son orchestre et ses arrangements chiadés (***), signe un disque à la fois exotique, accessible, à peine kistch, mais au final irrésistible. Une belle photo de la baie de Rio de Janeiro (*) achèvera de faire de cet enregistrement un must-have pour les DJs de tous poils toujours en quête de petites merveilles méconnues à faire découvrir, comme la Bossa Nova du Guerrier, composition de Magne qui se glisse naturellement au milieu des grands airs brésiliens et coule en cet été olympique comme un Spritz Aperol en terrasse.

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Une brève histoire (par l'exemple) du disque publicitaire

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Une brève histoire (par l'exemple) du disque publicitaire

Si la publicité et le monde musical ne s'associent aujourd'hui que pour remettre au gout du jour un air délaissé ou promouvoir une ritournelle exaspérante, leurs relations passées s'avéraient bien plus décomplexées. Support physique comme un autre, à une époque rétrospectivement plutôt préservée des grandes marées publicitaires, le disque et son contenu représentaient alors un moyen efficace de pénétrer au cœur du sacro-saint foyer français.

Retrouver par hasard certains de ces vestiges permet un retour en arrière immédiat, et on comprend que le disque vinyle avait alors plusieurs fonctions: petit cadeau promotionnel offert aux clients mais aussi plus sérieusement, vecteur de communication au sein d'une l'entreprise qui décide de récompenser ou de motiver ses petits gars qui n'en veulent.

Ainsi on ouvre l'imposant gatefold de "PepMusic", 33 tours vraisemblablement destiné au management interne du groupe Ducroc, et la folie des épices débarque avec Grilladin, Salagou et Pescadou ! Le petit discours "corporate" qui va bien, la présentation des produits, l'annonce de l'imminence insoutenable de la prochaine campagne publicitaire: les années 70 débarquent en force. Un truc à vous faire repeindre votre cuisine avec des losanges orange et caca d'oie.

Une brève histoire (par l'exemple) du disque publicitaireUne brève histoire (par l'exemple) du disque publicitaireUne brève histoire (par l'exemple) du disque publicitaire

Piment d’Espelette sur la côtelette, la musique du disque se révèle d'ailleurs étonnamment réussie, mélange (épicé bien sur) de musiques latines et de funk, très efficace.

D'autres enseignes poussaient même le vice jusqu'à créer leur propre univers musical. Et dans ce domaine, on touche au sublimement kitsch avec Woolmark et ses airs léchés aux paroles toutes à l'honneur de la maille, "Chansons en laine" vend du rêve en paquet de douze. Destiné également à anticiper une future campagne publicitaire, le disque complètement improbable aujourd'hui, allie influences à la Michel Legrand et slogans chic et choc ("A même la peau", "J'aime les pulls Shetland"). Ainsi l’inénarrable "J'suis cool dans mes chaussettes" et sa mélodie imparable s'incruste dans votre esprit en moins de temps qu'il n'en fallait pour enfiler un pull Jacquart. Ce disque de commande permet aussi de retrouver de très grands instrumentistes d'alors avec la présence entre autre de Jean-Pierre Mas, Daniel Humair et Jean-Louis Chautemps, soient autant de pointures du jazz hexagonal qui trouvaient ici sans aucun doute un moyen d'arrondir un peu leurs fin de mois. Loin de l'artiste exclusif, tout à son œuvre, ces musiciens étaient aussi des artisans au service des autres, "requins" de studio emblématiques qui enfilait les heures d'enregistrement les plus divers comme des perles.

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Quand le disque n'était qu'un cadeau, récompense de la fidélité du client (comme les stations service Antar) ou petit appât permettant d'augmenter un peu les ventes, le contenu musical réservait moins d'audace, à l'instar d'Yves Saint Laurent qui se contente d'une petit 45t rose en hommage à Paris. Cependant, quelques titres convaincant surnagent, tel le bien nommé "I've Got the Sun Under my Skin" des Sunpower's, ode au bronzage intégral estival offert par Vanaos. Un jerk bien enlevé qui s'il fait le bonheur des amateurs de curiosités musicales, n'a pas vraiment porté chance à son généreux commanditaire, aujourd'hui disparu.

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Mais l'archéologie publicitaire permet aussi plus simplement de se prendre conscience de l'évolution des mentalités. Le mythique El Gringo de Jacques Vabre, connaisseur du bon café et grand amateur de la plongée de main dans les sac de grains chère à Amélie Poulain possède tous les traits du gentil blanc venu spolier avec le sourire l'Amérique du Sud. Apologie de la colonisation ? Que Nenni, tout le monde l'adorait ! Avec son costume impeccable, il déambulait en toute décontraction dans la misère pour notre plus grand plaisir ; et gare à celui qui essayait de fourguer de la mauvaise came au Gringo. En son honneur Jacques Vabre avait même sorti un disque hommage avec musique semi-brésilienne insignifiante et photos condescendantes intégrées dans la pochette...

Pire encore Bamboula, héros crée par la biscuiterie Saint-Michel pour promouvoir les galettes homonymes a ainsi eu les honneurs d'une bande dessinée et d'une chanson tout en nuances. L'hymne caricatural réussit à agréger en quatre minutes tous les clichés circulant sur l'Afrique et les Africains: La tenue en beau de bête, l'amour des animaux et l'organisation primitive entre autres : Bamboula y était donc naturellement roi de Bambouland. Le plus déconcertant reste le fait que personne ne trouvait cela bien dérangeant puisqu'il a fallu l'ouverture avortée d'un Village Africain sponsorisé par Saint-Michel, dans l'Ouest de la France au début des année 1990 (!!), pour enterrer définitivement et sans fanfare Bamboula avec son slip de tarzan et son amour du cacao.

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Il aimait la vie et les animaux,
Les petits gâteaux et... le cacao.
BAMBOULA
Bien plus adroit que Robin des Bois
BAMBOULA
de Bambouland tu es le roi.

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Musique et Nostalgie: La collection Exotissimo, "Prends un pagne Chérie, on est invité !"

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Musique et Nostalgie: La collection Exotissimo, "Prends un pagne Chérie, on est invité !"

Si un disque ne se résume jamais à la seule musique qu'il contient, on reste néanmoins toujours surpris par l'imagination que possédaient certains il y a quelques décennies pour donner de la valeur ajoutée à leur produit.

Ainsi, dans les année 1970, Serge Franklin mettait au point la collection "EXOTISSIMO" où se mélangeait naturellement musique (avec beaucoup de compositions originales), recettes de cuisine, et organisation de fiesta pour les amis. A une époque où les voyages lointains étaient un luxe réservé à quelques uns, on avait droit au package complet du dépaysement à moindre coût. Une petite brochure glissée dans la pochette explique tout du déroulement de la soirée idéale. Rétrospectivement, les conseils font un peu sourire. Voir débarquer Gérard de la compta ou sa belle-sœur en tenue brésilienne pour une immersion en terre lointaine devait donner lieu à des situations plutôt improbables. Car si tout ici reste sous le signe de la détente, la minutie des conseils donnés (disposition des haut-parleurs, ambiance, boissons, déroulement du week-end...) va au-delà de la simple soirée déguisée, on ressent de réelles velléités à explorer un univers inconnu.

Musique et Nostalgie: La collection Exotissimo, "Prends un pagne Chérie, on est invité !"
Musique et Nostalgie: La collection Exotissimo, "Prends un pagne Chérie, on est invité !"
Musique et Nostalgie: La collection Exotissimo, "Prends un pagne Chérie, on est invité !"
Musique et Nostalgie: La collection Exotissimo, "Prends un pagne Chérie, on est invité !"
Musique et Nostalgie: La collection Exotissimo, "Prends un pagne Chérie, on est invité !"

Si aujourd'hui, on se projette plutôt difficilement dans l'organisation de telles soirées, fort heureusement, la musique en elle-même s'écoute sans difficultés. Alternant le plus possible les grands courants musicaux brésiliens, on profite ainsi de la batucada, du berimbau, de la samba... Une excursion express en quarante minutes, exécutée par d'excellents musiciens (autre spécificité de l'époque) avec entre autres l'énigmatique Siegfried Kessler aux claviers, capable de jouer donc du free-jazz, d'accompagner Jacques Bertin ou bien ici de syncoper en douceur pour que l'on passe un apéro de qualité, comme sur ce nostalgique Samba Saude, aux sonorités de clavecin un peu baroques.

Maintenant que ce genre de réunion-découverte relève de l'improbable absolu, on touche avec la redécouverte de telles curiosités toute une atmosphère disparue, empreinte d'une naïveté insouciante qui semble aujourd'hui bien désuète si ce n'est complètement ridicule. Qui oserait demain se farcir une fejoada pour dix invités qui joueraient les autochtones tropicalisés ? Les soirées déguisées ne sont qu'un prétexte pour se retrouver et non plus un but en soi. On cherche en vain des exemples aujourd'hui de ces projections de diapositives interminables ou de ces soirées "Bol de riz" perdues à essayer de toucher la misère du Tiers Monde. S'ennuyer pour la bonne cause n'est décidément plus d'actualité.

Ainsi on arrive inéluctablement à un âge où nos premiers souvenirs ne gardent qu'un vague rapport avec notre existence actuelle. Les plus jeunes utilisent mieux les technologies, font tout plus vite, pensent différemment, nous surprennent, nous déroutent. Nous étions tous persuadés de ne jamais être dépassés et voilà que l'on rame comme nos parents il y a trente ans galéraient avec la télécommande du magnétoscope. On n'échappera donc pas à cette nostalgie qui a déjà touché nos ascendants et nous faisait alors vaguement sourire. Le "C'était mieux avant" a encore de longs jours devant lui. Et des films comme "Camille Redouble" distillent cette douce mélancolie émergeante de toute une génération, une génération qui regrette les walkman, les téléphones fixes, les pantalon en velours et un monde qui semble aujourd'hui si inoffensif que l'on rêve souvent d'y replonger.

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Prospective 21e siècle (Philips) / Ailleurs et demain (Robert Laffont) Quand le futur était gris métallisé.

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Prospective 21e siècle (Philips) / Ailleurs et demain (Robert Laffont) Quand le futur était gris métallisé.

Alors qu'aujourd'hui, on ne se projette dans l'avenir que pour prédire quel cataclysme nous emportera le premier, ou plus souvent encore pour appréhender l'échéance de son prêt immobilier, le futur fantasmé de la fin des années 60 fait office de véritable bain d'insouciance. Durant cet âge d'or, regarder loin devant était la norme et la musique savante arrivait même à toucher un public plus large, déjà sensibilisé aux sons d'avant-garde et à l'improvisation par des artistes tels que Soft Machine, Captain Beefheart ou Frank Zappa. Pierre Henry, Pierre Schaeffer, Karl-Heinz Stockhausen et d'autres pouvaient présenter leurs œuvres aux oreilles averties et Philips lançait alors Prospective 21e siècle, une collection qui allait se distinguer par sa qualité, son audace mais aussi à travers une signature graphique singulière.

Ce n'est pas moi qui suis en avance sur mon époque, mais plutôt les gens qui sont en retard sur la leur !

Edgar Varese

Prospective 21e siècle (Philips) / Ailleurs et demain (Robert Laffont) Quand le futur était gris métallisé.
Prospective 21e siècle (Philips) / Ailleurs et demain (Robert Laffont) Quand le futur était gris métallisé.
Prospective 21e siècle (Philips) / Ailleurs et demain (Robert Laffont) Quand le futur était gris métallisé.

Fantastique recueil d'innovations, les plus grands expérimentateurs de leur temps ont ainsi contribué au prestige de ce label, aujourd'hui indissociable de ces pochettes irisées, source de jeux de lumières, attisant la curiosité et en adéquation complète avec le contenu musical. A la fois complexes mais néanmoins accessibles, ces illustrations mettaient à l'honneur le gris métallisé, décliné sous toutes ses coutures. Encore aujourd'hui on constate à quel point ces coloris et ces textures restent synonymes de futur, de progrès et d'anticipation dans l'imaginaire collectif, et survoler le catalogue des enregistrements n'est pas une expérience moins stimulante qu'il y a quarante ans.

Mais plus étonnant encore, ce design futuriste (dont de succinctes recherches via internet ne m'ont pas permis de retrouver le ou les auteurs) a été à la même époque utilisé pour promouvoir la collection de littérature de science-fiction "Ailleurs & Demain" aux éditions Robert Laffont. Même visuel, même investissement dans le futur, même qualité des œuvres mises en avant (où se côtoient Philip K. Dick, Fritz Leiber, John Brunner ou Frank Herbert), on tient vraiment dans ses mains les deux pendants d'une même idée d'un art résolument axé vers l'anticipation et la modernité. Car même si la science-fiction publiée chez "Ailleurs et Demain" dépasse de très loin les simples problématiques scientifiques et futuristes qui caractérisaient le genre vingt ans auparavant pour investir aussi les sciences humaines et sociales, il suinte à travers elle une envie dévorante de connaitre et d'appréhender l'avenir, de le questionner avec autant de passion que le faisaient les musiciens d'avant-garde.

Prospective 21e siècle (Philips) / Ailleurs et demain (Robert Laffont) Quand le futur était gris métallisé.Prospective 21e siècle (Philips) / Ailleurs et demain (Robert Laffont) Quand le futur était gris métallisé.
Prospective 21e siècle (Philips) / Ailleurs et demain (Robert Laffont) Quand le futur était gris métallisé.Prospective 21e siècle (Philips) / Ailleurs et demain (Robert Laffont) Quand le futur était gris métallisé.Prospective 21e siècle (Philips) / Ailleurs et demain (Robert Laffont) Quand le futur était gris métallisé.

Mais pourquoi ce gris et ses reflets inspirait-il autant ce sentiment futuriste de manière quasi immédiate ? Sans doute l'acier et l'inox qui se généralisaient alors, contemporains de la reconstruction d'un monde que l'on espérait enfin un peu meilleur inspiraient-ils en l'avenir un sentiment de confiance presque instinctif. Une voiture en gris métallisé, option indispensable s'il en est, et le vingt-et-unième siècle arrivait directement dans votre garage. D'autres domaines de la création subissaient d'ailleurs cette influence, ainsi les robes de Paco Rabanne (dès 1966) véritables armures de métal et d'élégance participaient aussi à ce grand imaginaire collectif.

Prospective 21e siècle (Philips) / Ailleurs et demain (Robert Laffont) Quand le futur était gris métallisé.

Si l'acier reste encore synonyme de qualité et de sobriété, la confiance et l'espoir que l'on nourrissait alors en l'avenir semble quant à lui bel et bien envolé. Même éloignées du grand public, la littérature de science-fiction (phagocytée aujourd'hui par la fantasy) et la musique expérimentale s'accordent toujours avec bonheur. Récemment, le collectif nordiste Art Zoyd a mis en musique trois nouvelles de Philip K. Dick en un spectacle stupéfiant et captivant où les images oniriques de l'écrivain paranoïaque se lient naturellement aux recherches sonores du groupe: "Trois rêves non valides". Comme d'autres, ils nous rappellent sans relâche que la vérité est sans doute ailleurs.

Sautez dans l'urinoir pour y trouver de l'or. Je suis vivant et vous êtes tous morts !

Philip K. Dick - Ubik

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Nathalie Natiembé "Bonbon Zetwal" Rock en Réunion.

Publié le par disch

Nathalie Natiembé "Bonbon Zetwal" Rock en Réunion.

Elle a déjà tapé la cinquantaine, s'amuse de sa coupe afro approximative et chante toujours comme si elle venait de découvrir son talent: Nathalie Natiembé reste un animal musical hors-norme mais surtout l'une des plus grandes chanteuses de notre époque.

Chanteuse française, mais pas francophone, c'est en créole réunionnais que cette mère de famille nombreuse, adepte des déambulations nocturnes et des cuites à domicile selon ses propres aveux, s'exprime. Tous ses excès, toutes ses dérives se muent en chanson et chacune de ces chansons s'affranchit de la précédente.

On l'avait déjà brièvement aperçue en 2005 quand Sanker, son deuxième album, le plus authentique avait séduit les adeptes de la fort mal nommée world-music. Depuis, elle s'est émancipée de de ses racines et de ce microcosme auquel elle semblait destinée à se cantonner. Un disque de toute beauté (Karma) au côté de deux autres musiciens nés Vincent Ségal et Cyril Atef annonçait déjà la couleur, avec Bonbon Zetwal, Nathalie Natiembé enfonce le clou: du maloya originel, il ne subsiste que les entrailles, ce cri pur et désabusé, cette âme créole avec laquelle elle compose. Elle s'éprend d'un Fender Rhodes tenu par Yann Costa, aux sonorités saturées et poisseuses qui rappelle tout autant les vibraphones déglingués de Kouyate et Neerman que le rock psychédélique aventureux le plus entêtant. Douée d'un sens du rythme inné, elle sublime l'ensemble avec son quotidiens, ses peurs, voire ses psychoses.

Presque dérangeante par sa dégaine, son look de ménagère désœuvrée bariolé, tellement éloignée du petit monde musical policé d'aujourd'hui, Nathalie Natiembé, ivre de vie ne s'embarrasse d'aucune convention. Elle tisse au fil des ans une œuvre singulière, portée par un instinct musical hors du commun.

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Michel Legrand & Nathalie Dessay "Entre elle et lui"

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Michel Legrand & Nathalie Dessay "Entre elle et lui"

Le voilà, bien annoncé, bien vendu: le disque à offrir aux ainés pour les fêtes de fin d'année. Mi jazz, mi classique, avec des morceaux que tout le monde connait à l'intérieur, et surtout l'association de deux personnalités intouchables par leur talent: la recette du succès sur commande semble aussi prometteuse que celle du cake d'amour de Peau d’Âne.

Pourtant, les mélodies ciselées et oscarisées de Michel Legrand n'étaient sans doute pas destinées à s'acoquiner avec la voix cristalline de Nathalie Dessay qui doit s'approprier ces airs composés en étroite symbiose avec d'autres. Et si le résultat s'avère convaincant quand il s'agit de mettre en valeur la prose sophistiquée de Jacques Demy, il en va tout autrement au moment d'enfiler le rôle de bête musicale instinctive de Claude Nougaro. Si la relecture "côté femme" du Cinéma tient déjà difficilement la route, la chanteuse toute en strass et paillettes s'étouffe dans les poils du costume de macho en reprenant Le rouge et le Noir qui avec ses bouges, ses néons rouges et ses grands noirs s'avère définitivement trop masculin pour elle.

De ces compositions, on retiendra surtout les moins entendues comme La Chanson de Delphine, La Fée des Lilas, L'âme soeur à l'hameçon qui réussit enfin à faire un peu swinguer les musiciens et le tendre Duo de Guy et Genevieve où on recherche malgré tout en vain la fragilité de l'original derrière la performance de Panzer vocaliste de Nathalie Dessay. Les airs les plus connus, véritables carottes destinées à attirer le porte-monnaie bourgeois restent fidèles à eux mêmes: Les Moulins de mon coeur un peu défraichis par la voix hésitante et aznavourienne du pianiste, une Valse des Lilas avec sa dose de pathos réglementaire et un Duo des Jumelles dynamité par Nathalie Dessay et Patricia Petibon en hystériques associées. Il reste pour rallier les suffrages des sceptiques l'enjoué recette du proverbial cake d'amour, tout en humour et en joie, il prouve à lui seul le caractère intemporel du talent de mélodiste de Michel Legrand, par ailleurs toujours très vivace de ses dix doigts.

Efficace et ayant déjà réussit à toucher son cœur de cible en se vendant d'emblée honorablement, Entre Elle et Lui navigue entre le très plaisant et l'indigeste. Les ficelles du succès qui restent d'un diamètre honorable ne devraient pas empêcher les moins inspirés d'entre nous de l'offrir à leurs parents, il y a bien pire en ce moment.

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Christian Death - Sex and Drugs & Jesus-Christ - Le "hit" perdu de la censure.

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Christian Death - Sex and Drugs & Jesus-Christ - Le "hit" perdu de la censure.

A défaut d'entrer dans l'histoire de la musique par l'étroite porte du talent, beaucoup ont su consciemment ou non profiter de la grande caisse de résonance médiatique pour écrire un petit bout de leur légende sans jouer une note. Ainsi l'inénarrable censure, loin d'écarter les œuvres soit disant licencieuses, les montre du doigt et les glorifie souvent a posteriori. La chanson insignifiante devient un hymne révolutionnaire et une photographie frontalement provocante se transforme en revendication artistique.

Et si certaines de ces pochettes sont rentrées dans l'histoire, surtout à cause de de leurs illustres auteurs (Les Beatles en bouchers charcutiers de nourrissons, ou Scorpions et Blind Faith, fanatiques de beauté pré-pubères) d'autres ont sombré corps et biens dans l'impitoyable oubli de masse.

Christian Death - Sex and Drugs & Jesus-Christ - Le "hit" perdu de la censure.Christian Death - Sex and Drugs & Jesus-Christ - Le "hit" perdu de la censure.Christian Death - Sex and Drugs & Jesus-Christ - Le "hit" perdu de la censure.

Ainsi Christian Death, formation de gothic-rock américaine des années 80 a affiché sans équivoque dans son album Sex and Drugs and Jesus-Christ en 1988 une vision très personnelle du Messie. En parfait accord avec le titre déjà limpide, la pochette met en avant un Jésus décharné accro à l’héroïne tout à fait raccord avec l'ambiance sonore de cabaret déglingué du disque. Objectivement plutôt réussie bien que très grossièrement provocante, la photographie se verra sans surprise mise à l'index. Mais si certains groupes (dont les trois cités ci-dessus) pouvaient se permettre de fournir une nouvelle pochette plus conventionnelle (et ainsi d'assurer un avenir collector au fruit défendu), Christian Death n'avait a priori pas prévu de budget rapatriement pour ses beaux vinyles. Adieu, veaux, vaches, cochons, nouveaux tirages et pochette collector, le fruit du litige allait être caché derrière un grossier autocollant, lesquels pullulaient à l'époque pour la plus grande horreur des mélomanes un tant soit peu esthètes. On retiendra les formidables "Best-of" et "Nice Price" capables d'enlaidir les plus audacieuses pochettes, mais surtout à l'époque glorieuse de la FM, les stickers permettaient surtout de signaler au badaud la présence d'une chanson à moitié connue dans le 33 tours.

Voilà donc comment l'album de la provoc' se retrouva affublé d'un très seyant autocollant à la gloire de son glorieux contenu musical. Seul manquait alors un véritable morceau connu pour que l'opération soit réussie... Car le succès confidentiel de Christian Death ne leur permettait probablement pas à l'époque d'attirer le chaland avec un tube planétaire. Qu'à cela ne tienne, un vague "Contains the Hit!" fera l'affaire. Judicieusement flanquée sur la seringue maléfique, l'horrible artifice cache l'objet du délit. Reste à savoir quel était le succès fantôme qu'il vantait si ostensiblement. Rétrospectivement, le déjanté "Jesus Where's the Sugar", dont la finesse de l'offense anti-cléricale est à la hauteur du reste de l'album aurait un très bon ambassadeur. Théâtral, excessif, un rien glauque,et magnifié par la performance de la chanteuse Gitane Demone (!!) il était à la hauteur d'un disque homogène, direct et qui mériterait probablement d'être revu de façon plus musicale que dans cet article qui l'aborde délibérément par le petit bout de la vignette.

Christian Death - Sex and Drugs & Jesus-Christ - Le "hit" perdu de la censure.
Christian Death - Sex and Drugs & Jesus-Christ - Le "hit" perdu de la censure.Christian Death - Sex and Drugs & Jesus-Christ - Le "hit" perdu de la censure.Christian Death - Sex and Drugs & Jesus-Christ - Le "hit" perdu de la censure.

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Léo, Madeleine et Annie - Un livre, des disques.

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Léo, Madeleine et Annie - Un livre, des disques.

Léo Ferré garde l'étrange privilège des grands artistes contemporains de trainer dans son sillage nombre de personnes plus ou moins proches, l'ayant plus ou moins connu qui ne le lassent pas de raconter leur "Léo". Excédée par des biographies et témoignages qui ne reflétaient pas son existence, Annie Butor, la belle-fille du chanteur qui l'a accompagné aux côtés de Madeleine sa deuxième femme de 1950 à 1968 (de 5 à 23 ans) a décidé à son tour de prendre la plume et de raconter sa version de son enfance et de son adolescence au sein de ce singulier trio.

Dix-huit ans pour passer de la galère de la vie d'artiste à la gloire et aux excès, dix-huit années de rencontres, d'amitiés et de presque autant de déchirements, dix-huit ans écartelés entre Paris et les résidence secondaires du couple, véritables personnages à part entière qui restent associés à des souvenirs aussi tendres que tragiques suivant les lieux. Dix-huit ans enfin, au milieu d'une incroyable ménagerie, de leurs nombreux chiens jusqu'à inénarrable Pépée, le chimpanzé, l'enfant-roi du couple qu'il allait bientôt détruire de ces mains larges comme des battoirs. Par son aspect excessif, burlesque et éminemment cinématographique (on paierait cher pour avoir les images de la femme du monde pomponnée, venue voir l'artiste du village, déshabillée par un assaut éclair de l'animal), l'issue du récit et les fracas de la rupture éclipsent presque la description tendre et touchante d'un beau-père aimant par sa belle-fille qui précède.

Les disques de cette époque, reflètent ce bonheur partagé. Léo Ferré y semble timide, bigleux, pas photogénique pour un sou, hésitant mais heureux.

Léo, Madeleine et Annie - Un livre, des disques.
Léo, Madeleine et Annie - Un livre, des disques.
Léo, Madeleine et Annie - Un livre, des disques.
Léo, Madeleine et Annie - Un livre, des disques.
Léo, Madeleine et Annie - Un livre, des disques.

La rupture douloureuse entre Léo et Madeleine aura sans doute été à la hauteur de leur passion, et il semble que le chanteur s'acharnera ensuite à dénigrer son ex-femme à défaut de pouvoir l'oublier avec la même hardeur qu'il l'adorait auparavant. Cette profonde blessure se ressent aujourd'hui encore, puisqu'au détour d'un article dans Gala (?), son fils (et ayant-droit) Mathieu en arrive à glisser des remarques aussi futiles que "Mais ma mère est la seule dont il cite le prénom dans ses chansons" qui en disent long sur l'état d'esprit qui règne entre les deux "familles" de l'artiste.

Léo, Madeleine et Annie - Un livre, des disques.Léo, Madeleine et Annie - Un livre, des disques.

Heureusement, il est aussi possible de ne pas se contenter de ceux qui parlent à la place des morts et de profiter des vraies paroles du chanteur sur ces différentes périodes de sa vie. Au sein du disque "La langue Française" paru en 1962, Ferré, ne rechigne pas à dévoiler une partie de sa vie de famille, de sa profonde tendresse envers Annie de son amour pour Pépée, leur "deuxième fille" alors encore enfante a priori et des projets ambitieux et ubuesques qu'il avait alors pour elle. Et si effectivement, il n'y cite pas le nom de Madeleine, la chanson "Ca t'va" vaut toutes les déclarations d'amour et d'abandon du monde.

Léo, Madeleine et Annie - Un livre, des disques.
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Léo, Madeleine et Annie - Un livre, des disques.Léo, Madeleine et Annie - Un livre, des disques.

Ça m' va
Qu'on puisse dire un jour
"Et quant à l'amour
Il n'a aimé qu'elle..."

Le contraste s'avère d'autant plus saisissant quand après tant de témoignages d'amour heureux, on se heurte à la gueule de Ferré en gros plan en façade de "La Solitude". En quelques années, tout a changé. Le mec a pris vingt piges dans les dents du bonheur et les rictus ont remplacé les grimaces. Malheureusement, ayant déserté le domicile familial, Annie Butor ne peut éclairer de son vécu ces années de déroute qui ont aussi enfanté "Amour Anarchie", autre chef d’œuvre absolu. Ferré laisse l'incroyable impression de se nourrir à présent de la haine de Madeleine pour avancer, et comble de la création, c'est encore elle qui lui donnera ainsi "Avec le Temps", chanson de désespoir et de résignation qu'il n'a cessé de dénigrer ensuite, allant jusqu'à demander qu'on ne l'applaudisse plus en spectacle. On le découvre alors mesquin, procédurier, aigri et jouant de la provocation comme d'un instrument. Objet du délit par excellence, Pépée (qui a été abattue sur demande de Madeleine car devenue ingérable suite à une blessure) entre au Panthéon Ferré en chanson. C'est elle aussi qui aura eu la peau du couple. En l'aimant comme une fille et en l'élevant avec cet amour comme seule règle, Ferré a fait de la femelle chimpanzé sa maitresse. Ironiquement plus anarchiste et jouisseuse que le chanteur anarchiste et jouisseur, à force de caprices et de casse, elle fait du château familial du Lot son domaine, jusqu'à en exclure de fait sa famille adoptive, jusqu'à rendre à Annie Butor inécoutable la chanson qui lui est dédiée.

Léo, Madeleine et Annie - Un livre, des disques.
Léo, Madeleine et Annie - Un livre, des disques.Léo, Madeleine et Annie - Un livre, des disques.

Évidemment subjectif, "Comment voulez-vous que j'oublie ?" se lit comme le témoignage d'une histoire d'art et d'amour exclusive à en devenir destructrice. C'est aussi l'hommage d'une fille envers une mère qui restera pour l'éternité la femme de, mais garde une aura fascinante qui irradie à travers les photos de l'époque.

Léo, Madeleine et Annie - Un livre, des disques.
Léo, Madeleine et Annie - Un livre, des disques.

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Manfred Mann's Earth Band "The Good Earth" Vintage Greenwashing.

Publié le par disch

Manfred Mann's Earth Band "The Good Earth" Vintage Greenwashing.

Alors que chaque industriel se vante aujourd'hui de planter trois peupliers à l'autre bout du monde pour chaque tonne de dioxine déversée dans l'océan, que le représentant poivre et sel du Chat Machine et son petit coin de verdure appartiennent déjà à la grande histoire de la mauvaise publicité, la caution écologique fait partie intégrante de notre quotidien. Loin des grands idéaux, l'argument commercial et déculpabilisant a depuis longtemps pris la place de l'incitation au vrai retour à la terre.

A contrario Il y a quarante ans, quand les premiers écologistes s'inquiétaient déjà de l'avenir de la planète, tout à leur belle utopie, l'engagement se révélait bien plus concret. Ainsi en 1974, Manfred Mann, passé sans soucis de son rôle de second couteau du mouvement beat des années 60 à celui de second couteau du rock progressif avec sa formation l'Earth Band proposait ni plus ni moins que d'acquérir une parcelle de terre galloise avec son disque ! Le bel humus fertile s'affiche en grand pour une illustration d'album pour le moins audacieuse, avec son cortège de faune, de flore et de bonne conscience écologique.

Manfred Mann's Earth Band "The Good Earth" Vintage Greenwashing.
Manfred Mann's Earth Band "The Good Earth" Vintage Greenwashing.
Manfred Mann's Earth Band "The Good Earth" Vintage Greenwashing.
Manfred Mann's Earth Band "The Good Earth" Vintage Greenwashing.

A l'intérieur, un petit jeu de découpage attendait le futur propriétaire qui sous couvert d'un retour prompt par courrier se voyait offrir un pied carré de terre (soit environ 31cm X 31cm, un peu juste pour pique-niquer en famille le dimanche) et la certitude d'avoir fait tourner notre chère Gaïa dans le bons sens. La démarche alla cependant au-delà du seul symbole puisque apparemment la colline boisée en question fut ainsi préservée des affres de l'industrialisation.

Autre temps, autres mœurs l'engagement d'alors était bien plus collectif et les hommes encore attirés par une vraie vie en communauté avec la nature. En 1968, dans son prophétique roman Tous à Zanzibar, John Brunner, en même temps qu'il décrivait sans le savoir l'avenir avec une effrayante lucidité nous rappelait que l'humanité entière d'alors pouvait tenir sur l'île homonyme (à condition de bien se serrer). Encore humble face à la nature et serviteur de la Terre, l'écologiste d'alors s'affranchissait des contraintes du progrès pour vivre en harmonie sur les plateaux du Larzac ou d'ailleurs. Aujourd'hui mêmes les rêves et les ambitions ne sont plus partagés, chacun préférant un petit geste individuel estampillé équitable à une grande aventure collective.

Manfred Mann's Earth Band "The Good Earth" Vintage Greenwashing.
Manfred Mann's Earth Band "The Good Earth" Vintage Greenwashing.
Manfred Mann's Earth Band "The Good Earth" Vintage Greenwashing.

Du bel idéal de Manfred Mann (toujours actif aujourd'hui), il reste donc une colline en friche, et surtout un disque honnête et inspiré, sorti en 1974, alors que le genre progressif, alors à son zénith s'apprêtait à mourir étouffé par sa propre démesure. En récupérant un exemplaire d'époque, on peut voir si le mélomane avait ou non en lui l'âme verte... Malheureusement, la date limite pour faire valoir ses droits à cette étrange propriété à Llnacerchyrfa expirant fin 1975, la belle aventure ne pourra se vivre que par procuration, en écoutant par exemple le très réussi Sky High, pièce instrumentale énergique, représentative de la musique du Manfred Mann's Earth Band

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Hommage de ceux qui ne t'auront pas connu

Publié le par disch

Hommage de ceux qui ne t'auront pas connu

Alors tu es parti, les poumons trop fatigués, tout en douceur sans doute comme on aime à t'imaginer. Ta voix s'était déjà fait la belle et tu l'a suivi naturellement: à quoi bon vivoter quand on à tant vécu ?

Quand on n'est pas grec comme Nikos, qu'on n'a pas eu l'insigne honneur de s'être retrouvé un beau jour enfermé dans les toilettes de ta garçonnière de l'Ile Saint-Louis comme François Morel et qu'on ne t'a jamais vu en concert, il reste peu de sujets à évoquer quand vient l'heure de l'oraison. Et pourtant, plus qu'un chanteur ou un poète, c'est une certaine idée de l'artiste qui s'éteint avec toi.

Amoureux de la musique, amoureux des femmes, amoureux de la liberté tu as réussi à toutes les chérir sans jamais te lasser ; Quand tant d'hommes laissent leurs idéaux à la remise quand vient l'heure de la soit-disant sagesse, ton éternelle jeunesse nous donnait des complexes. Evidemment il reste les chansons, évidentes, tellement limpide qu'elles semblent avoir été écrites en une journée au creux de ton hamac...

Tous les vrais solitaires se sont reconnus dans "La Solitude", dans cette douce habitude qui recèle tant de trésors; toutes les mères ont pleuré en cachette les vingt ans de leurs filles et leur indécente insouciante; tous les hommes ont fondu de tendresse, à défaut d'amour, devant leur compagne qui ne peut plus lutter contre les années.

Mais au-delà du chantre magnifique, il reste surtout cette image de l'homme intègre, honnête, aimant. Tu as probablement séduit des centaines de femmes et tu n'en disais rien... Tu parlais de combat et d'engagement dans tes chansons, mais ta révolution permanente ressemblait sans doute plus à l'obsession de ne jamais laisser la médiocrité dicter ta vie et tes choix qu'à une lutte organisée contre l'oppression. Tu resteras pour toujours ce Patachon magnifique, celui qui aura eu le courage de vivre comme tant d'autres n'auront même le courage de rêver, sans honte et sans orgueil. Avec ta barbe, ta moto, ta guitare, on s'imaginait tous partir sur ton porte-bagage. Alors que tu rejoins tous ceux qui auraient été dignes de tresser tes lauriers posthumes, tu nous laisse avec notre peine et un immense regret. Celui de n'avoir jamais pu te tutoyer, pour de vrai.

Ce billet est dédié à ma petite femme, la plus grande fan du grand Georges qui l'aura tant pleuré et qui continuera longtemps à l'écouter.

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